Le Parti du Renouveau Démocratique (PRD) est né de la revendication démocratique nationale longtemps étouffée par le système du monopartisme stérilisant en vigueur en République de Djibouti depuis qu’une loi liberticide pompeusement baptisée Loi de mobilisation nationale avait supprimé en 1981 le pluralisme (certes dévoyé) d’avant l’Indépendance. Loi qui intervenait précisément en réaction à l’initiative de personnalités politiques en vue (parmi lesquelles Moussa Ahmed Idriss, Ahmed Dini Ahmed, Omar Osman Rabeh, Djama Yacin et Mohamed Saïd Saleh ) de créer le premier parti d’opposition post-colonial, le Parti Populaire Djiboutien (PPD).
C’est à la faveur du vent de démocratisation né de l’effondrement du bloc communiste et de la fin de la guerre froide que la revendication démocratique djiboutienne a repris vigueur. S’exprimant par les armes avec la naissance du Front pour la Restauration de l’Unité et de la Démocratie (FRUD) comme par l’action pacifique avec la création du Mouvement pour la Paix et de la Réconciliation (MPR).
Le MPR a été créé en mars 1992 par le très regretté Mohamed Djama Elabé, personnalité politique de premier plan entrée en opposition au régime sclérosé du président Hassan Gouled Aptidon, qui se braquait à contre-courant face à la revendication démocratique, et de ses amis. Ministre de la Santé Publique, réputé pour son intégrité, sa compétence et sa stature d’homme d’Etat, il venait de marquer sa rupture définitive avec le pouvoir par une retentissante démission en date du 14 janvier 1992. Suivi d’un autre ministre, celui de la Fonction publique, son ami Souleiman Farah Lodon, qui avait longtemps été Directeur Général de l’Education Nationale, feu Elabé permettait à l’opposition civile intérieure de se structurer avec le MPR.
L’action conjuguée du FRUD, qui multipliait les victoires sur le terrain depuis son apparition de fin 1991 (il était alors dirigé par Mohamed Adoyta Youssouf mais la stature d’homme d’Etat de l’ancien Premier Ministre Ahmed Dini Ahmed opérait déjà au-delà de son simple titre de conseiller politique), et du MPR se révélait efficace. Ces deux Organisations étaient bientôt rejointes par l’opposition parlementaire que présidait le très regretté Mohamed Ahmed Issa dit Cheiko et par d’autres groupes politiques tels que l’Union des Démocrates Djiboutiens (UDD), le Mouvement National Djiboutien (MND) ou le Mouvement pour le Salut et la Reconstruction (MSR), pour ne citer que ceux-ci.
Cette pression conjuguée allait donc affaiblir le pouvoir de Gouled et le contraindre à un effort de souplesse. D’autant plus qu’en juin 1992 l’opposition donnait corps à son unité à travers la naissance du Front Uni de l’Opposition Djiboutienne (FUOD) lors d’une conférence de rassemblement tenue à Paris. Avec pour président du FUOD, le très regretté Mohamed Djama Elabé.
Dès août 1992, le régime cédait et disait oui à l’ouverture démocratique. Le 4 septembre 1992, un projet de constitution était soumis au peuple djiboutien. La première constitution post-coloniale voyait le jour, assortie d’une loi référendaire (par ailleurs jamais publiée) limitant le nombre des partis politiques à quatre formations. C’était en deça des aspirations nationales mais ce n’en était pas moins une victoire et un pas significatif.
Le MPR choisissait alors d’inscrire son combat dans cette nouvelle légalité et se transformait en un parti politique légalement constitué sous l’appellation de " Parti du Renouveau Démocratique (PRD) ". Le congrès fondateur du PRD se tenait le 12 septembre 1992 à la résidence de feu Mohamed Djama Elabé, qui en était élu président. Il était légalisé le 27 septembre 1992, devenant la première formation d’opposition légalisée, devant le Parti National Démocratique de Monsieur Aden Robleh Awaleh.
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