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Né en 1962 à Dikhil en République
de Djibouti, Daher Ahmed Farah fait ses études primaires et secondaires à
Djibouti-ville, la capitale. Son baccalauréat en poche, il s’engage en 1983 sur
concours dans l’armée djiboutienne pour soutenir la famille modeste dont il est
issu. Il suit alors les cours de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr en
France; puis il poursuit ses études civiles en gestion des entreprises et des
administrations à l’université française de Reims en Champagne Ardennes.
Il quitte l’institution militaire en 1991 pour reprendre sa liberté. Il se
lance dans le journalisme et la littérature, devenant brièvement rédacteur en
chef de l’unique journal du pays, la Nation, et publiant en 1993 le premier
roman djiboutien francophone aux éditions l’Harmattan à Paris sous le titre de
" Splendeur Ephémère ". A l’âge de 31 ans.
Son engagement militant date de sa prime jeunesse. Il anime clubs sportifs et
associations lycéennes de défense scolaire. Il s’investit également dans la
lutte contre l’analphabétisme : dans les quartiers populaires et populeux,
il donne des cours d’alphabétisation du soir pour jeunes et moins jeunes,
utilisant parfois les locaux d’une école publique.
La valorisation du capital humain fait au reste partie des passions de DAF.
Durant sa brève carrière militaire, il se distingue notamment par sa
contribution à la re-dynamisation de l’instruction et de la formation au sein
des forces armées. Il déborde même du cadre militaire, parvenant à contribuer
au succès de la première formation locale de technicien supérieur en commerce
international réalisée par la Chambre Internationale de Commerce et d’Industrie
de Djibouti (CICID) en qualité d’intervenant extérieur chargé du cours de
gestion des approvisionnements. Cours qu’auront suivi les deux promotions
d’étudiants formés par ce cycle que reprendra plus tard le Lycée d’Etat de
Djibouti au titre de son volet enseignement supérieur qui deviendra le Pôle
Universitaire Djiboutien (PUD) à la rentrée 2000/2001.
Une autre illustration de cet attachement à la valorisation du capital humain
est fournie par la fondation en 1994 d’une école privée baptisée
" Effort ". Elle dispense un enseignement primaire et secondaire et
est appréciée pour sa qualité. Toutefois, comme tout ce que fait DAF, elle
n’est point épargnée par l’arbitraire gouvernemental qui la ferme en 1996.
Lequel démantèle, dans sa fureur, la chambre d’appel de la cour judiciaire de
Djibouti qui ose dire la loi et faire droit à l’action en référé introduite
pour obtenir la réouverture de l’établissement. Mais Effort n’en continue pas
moins ses efforts au profit de la jeunesse laissée- pour- compte du pays aux
rangs de laquelle bien des exclus du secteur scolaire public. Avec des tarifs
éminemment sociaux et une combativité à toute épreuve. A son actif, de très
nombreux jeunes sauvés de la rue et du désespoir qui passent avec succès leur
baccalauréat et fréquentent l’université. Belle récompense pour l’école et ces
enfants du peuple injustement jugés inaptes ( par le pouvoir) à poursuivre des
études.
Il entre officiellement dans la politique en 1992 à la faveur de la timide
ouverture démocratique instaurée par la Constitution du 4 septembre 1992.
Membre fondateur du Parti du Renouveau Démocratique (PRD) aux côtés du
président fondateur, feu Mohamed Djama Elabé, il en est l’un des principaux
animateurs, en charge notamment des questions de communication et du cabinet du
président. A ce titre, il lance, dès octobre 1992, le bulletin du parti, le
Renouveau (il en est le alors co-directeur de publication et le rédacteur en
chef) dont il fait l’organe d’opinion le plus régulier et l’un des plus sérieux
du pays. DAF, comme l’appellent ses concitoyens sous ses initiales, est aussi,
un temps, le correspondant de Reporters Sans Frontières (RSF) à Djibouti
.
Après la disparition brutale du regretté Mohamed Djama Elabé en novembre 1996,
il est porté à la présidence du Parti du Renouveau Démocratique (PRD) lors d’un
congrès extraordinaire tenu le 15 juillet 1997, à l’issue d’une période
d’intérim assurée par le premier vice-président du Parti, Mohamed Ahmed Kassim
dit Haïssama. Il le dirige activement depuis lors au grand dam d’un régime
répressif qui ne cesse de le malmener . Outre un harcèlement policier et
administratif incessant, il va en prison dès octobre 1997 pour trois semaines
sous des accusations surréalistes : " direction et administration
illicites d’un parti politique, diffusion de fausses nouvelles, usurpation de
titre... ".
Il y retourne le 29 août 1999, en sa qualité de directeur de publication du
Renouveau et en compagnie du Général Ali Méhidal Waiss, co-directeur de
publication du journal Le Temps, sous les chefs d’accusations fallacieux de
" diffusion de fausses nouvelles et de démoralisation des forces
armées ". L’y rejoint, le 23 septembre 1999, sous les mêmes chefs
d’inculpation, le directeur de publication du Temps et unique candidat de
l’opposition au scrutin présidentiel du 9 avril 1999, Monsieur Moussa Ahmed
Idris. DAF est condamné à 12 mois de prison ferme et à un million
de francs Djibouti d’amende ainsi qu’à la suspension pour la même durée du
journal Le Renouveau, verdict ramené en appel à six mois.
De nouveau, il est arrêté et
inculpé de " diffusion de fausses nouvelles et diffamation " sur une
plainte de Monsieur Daher Ismaël Kahin dit Chideh, bombardé chef du district de
Djibouti. A la suite d’un article critique sur la démolition par ses services,
le 7 janvier 2000, du vieux marché central de la capitale. Il est
condamné à 3 mois de suspension du journal Le Renouveau et à une amende de 500
000 FD.
Egalement interpellé et inculpé de "recel de soustraction d'actes publics", il
se retrouve à la sinistre prison de Gabode le 11 juin 2001. Soit un mois après
la signature de l'accord de concorde civile et de réformes démocratiques entre
le gouvernement et le FRUD du président Ahmed Dini Ahmed. Il est libéré
le 13 juin 2001 sous la pression nationale et internationale. Cette énième
détention politique est liée à la publication par Le Renouveau du 7 juin 2001
de deux mandats de paiement de 6 000 000 FD touchés auprès du Trésor
par le ministre des Finances et de l'Économie, Monsieur Yacin Elmi
Bouh.
Réelu président du parti en septembre 2001, il re-légalisera le PRD en MRD en
novembre 2002 à la faveur de l’entrée en vigueur du multipartisme intégral. En
refondant ainsi le PRD en MRD, il ôtera au pouvoir la facilité puérile de
denier à la formation, après les lui avoir confisqués en mai 1997, ses nom et
sigle.
Pour autant, les persécutions
contre le parti et DAF ne cessent, comme en témoigne l’année 2003 :
-15 mars : emprisonnement du
président DAF à Gabode. Relâché le 16 mars à l’issue d’une décision du tribunal
des flagrants délits le condamnant à 200 000FD d’amende avec sursis pour
diffamation et atteinte au moral de l’armée. L’on invoque une plainte du Chef
d’Etat-major de l’armée, le général Fathi Ahmed Houssein, et du ministre de la
Défense, Monsieur Ougoureh Kifleh Ahmed ;
-31 mars 2003: DAF comparaît
devant la chambre correctionnelle du tribunal de
première instance à la suite d’une
plainte pour diffamation du numéro deux de l’armée, le général Zakaria Cheik
Ibrahim. Il est condamné à 6 mois de prison avec sursis, à 2000 0000 FD de
dommages et intérêts et à 200 000 FD d’amende ;
-20 avril 2003:
emprisonnement de DAF sur une nouvelle plainte en diffamation de
Zakaria Cheik Ibrahim. Il est
placé sous mandat de dépôt à Gabode ;
-7 mai : DAF comparaît devant
la cour d’appel pour la première plainte du général
Zakaria. Renvoi au 28 mai
2003 ;
-28 mai 2003: DAF est
condamné, dans la première affaire du général Zakaria, à 4 mois
de prison avec sursis et à
500 000 FD de dommages et intérêts ;
-3 juin 2003 : DAF bénéficie
d’une mise en liberté provisoire par la juge d’instruction dans la seconde
plainte du général Zakaria;
-4 juin 2003 : la décision
est annulée par la chambre d’accusation et il retourne en prison le 5 juin
2003.
-DAF est acquitté le 23 juin 2003
par la chambre correctionnelle du tribunal de première instance jugeant la
seconde plainte du général Zakaria à laquelle est venue se joindre une autre
plainte pour diffamation de cinq membres à la retraite de la Troupe folklorique
militaire Harbi. Les parties adverses, défendues par Maître Aref Mohamed Aref,
font appel ;
-Suite à cet appel, DAF comparaît
devant la cour d’appel le 9 juillet 2003. Il est jeté de nouveau à Gabode. A
l’issue d’une condamnation à six mois de prison dont trois fermes, 12 millions
de francs de dommages et intérêts et 200 000 FD d’amende ;
-Il est libéré le 5 août 2003.
Depuis le 15 mars, il aura purgé plus de trois mois de prison dans des
conditions inhumaines à la sinistre Gabode et écopé de près de 13 millions de
francs Djibouti de dommages et intérêts et d’amende.
DAF est marié avec Anissa Barkat Soubagleh et père de quatre enfants.
DAF est marié avec Anissa
Barkat Soubagleh et père de quatre enfants.
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