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Djib-Mail   N°2
MRD, PROJET DE SOCIETE Par Ahmed Ibrahim, Président du bureau du MRD, Amérique du Nord      

MRD, PROJET DE SOCIETE

Par Ahmed Ibrahim,

Président du bureau du MRD, Amérique du Nord

 

 

Chers frères et sœurs,

Il est de ces moments historiques où un peuple se trouve à la croisée des chemins. Le moment est venu donc pour nous, Djiboutiens et Djiboutiennes d’Amérique, de prendre nos responsabilités à deux mains et de participer à la construction d’une société de droit dans notre très chère patrie. Il en va de notre conscience et de notre salut mais aussi de celui de nos familles et amis restés au pays. De même qu’il en va aussi de l’avenir de nos enfants et des générations à venir qui nous jugeront devant l’histoire pour avoir fait des deux choix l’un: le bon, pour avoir pris nos responsabilités de face et avoir fait de notre mieux pour notre très chère patrie; ou le mauvais, pour avoir démissionné de nos rôles et pour avoir décidé de rester sur le bord du chemin en spectateurs apathiques.

 

Chers frères et sœurs, nous avons eu tous et toutes, ici en Amérique et contrairement à nos compatriotes restés au pays, l’opportunité de voir le fonctionnement d’un système de droit et des institutions démocratiques. Pour être francs avec nous-mêmes, nous n’avons besoin d’aucune preuve supplémentaire quant à la valeur d’un système démocratique pour le développement humain et de ses avantages pour la société en général. Il va sans dire ainsi que nous récoltons les fruits de ce système jour et nuit; même en tant qu’étrangers. Voila donc chers compatriotes à quoi sert la démocratie. C’est une question de responsabilité, de bons comptes, de bonne gouvernance, de pluralité d’idées et d’alternance au pouvoir garantis par des hommes et des femmes qui, même si tous qualifiés pareillement, ne pensent avoir aucunement le monopole des bonnes idées et méthodes.

 

Chers frères et sœurs, ce que nous exigeons pour notre pays n’en est pas moindre. Nous voulons tout simplement redonner le pouvoir aux citoyens et citoyennes; nous voulons restituer celui-ci dans leurs mains à juste titre; nous voulons hisser l’honneur de notre patrie au niveau de ceux qui, pas plus fortunés que nous, ont pourtant choisi le chemin de la bonne gouvernance: le Mali me revient a l’esprit en premier, le Sénégal ensuite pour ne citer qu’eux. Nous voulons aussi que les deniers publics profitent à tous, y compris aux plus fragiles et autres nécessiteux, c'est-à-dire à l’intérêt général; nous voulons un système de santé à notre portée, efficace et équitable; nous voulons un système d’éducation qui ne soit pas vétuste, copie conforme de l’État colonial, mais adapté aux réalités nationales et régionales, qui prenne en compte les langues nationales (Arabe, Somali, Afar) et ne néglige point les langues internationales telles que le Français et l’Anglais. Nous voulons des pouvoirs locaux réels proches du peuple, administrés autant pour les citadins que par les ruraux, avec à la clef un véritable transfert d’une partie significative des compétences de l’Etat central telles que la collecte des impôts de type local. Nous voulons une fonction publique efficace, méritocratique et professionnelle où les talents du pays se retrouvent et confrontent leurs brillantes idées. Une fonction publique où le clientélisme et la démoralisation fassent place à l’efficience et à l’équité, à la transparence des carrières et au respect des règles dont celle du non-cumul et de la limite d’âge. Ceci, bien entendu, implique une pension de retraite humanisée et raisonnable. Nous voulons favoriser les petites et moyennes entreprises, encourager nos compatriotes de la diaspora qui rentrent au pays avec de véritables idées et projets créateurs d’emplois; œuvrer à une intégration mutuellement bénéfique des économies régionales; promouvoir un commerce libre mais juste; veiller à la redistribution équitable des richesses afin de favoriser un développement harmonieux qui réduise les inégalités sociales; lutter contre le chômage endémique, celui ingrat de nos jeunes, diplômés ou non, et de nos cadres qui périclitent dans le pays sans débouchés ni avenir. Nous voulons également des forces de l’ordre et de sécurité républicaines et nationales sur l’emploi desquelles les citoyens aient leur mot à dire. Nous voulons une armée bien dimensionnée orientée vers la défense du territoire et vers l’effort de développement, composée de Djiboutiennes et Djiboutiens formés, avec, à l’instar de la fonction publique, des plans d’avancement et de carrière basés sur les qualifications, les performances et avec des limites d’âges pour chaque groupe (Hommes du rang, sous-officiers, Officiers et Officiers généraux). Bref, le bannissement de toute garde prétorienne et de toute personnalisation de l’institution militaire.

 

Notre pays, chers amis, est riche. Il est riche par sa diversité, par sa culture, par sa position géographique, par sa jeunesse et ses sages. Le reste de l’Afrique nous admire pour avoir réconcilié tant de diversités culturelles; le monde arabe nous respecte par l’équilibre confessionnel et linguistique de notre peuple; l’Occident nous fait confiance par sa présence. Ainsi donc la nature et Dieu nous ont favorisés malgré les apparences et les oiseaux de mauvais augure. Chers amis, nous sommes vraiment une terre d’échanges et de rencontres. Notre mer regorge de richesses halieutiques et de coraux ; à moins d’une demi-heure de vol, un touriste peut passer d’une plongée dans l’un des meilleurs fonds marins au monde à une randonnée dans l’une des rares forêts primaires de la planète: au passage, il aura survolé à 150 mètres sous le niveau de la mer le Lac Assal, merveille paysagère à lui tout seul. Notre pays est pourvu de nappes géothermiques, notamment dans la région du Goubet; il est un véritable laboratoire à ciel ouvert pour les énergies renouvelables dont font partie l’énergie solaire et celle des cycles des marais. Il est aussi convenablement situé dans une région où l’énergie éolienne est un sérieux alternatif. A la lumière de tout ceci, il est indéniable, chers compatriotes, que notre pays n’est pas en manque de potentiel économique et industriel mais plutôt en panne chronique d’idées fraîches et d’alternance au pouvoir.

 

Chers compatriotes, un pays sans «un véritable vouloir vivre ensemble» ne peut se créer une véritable identité nationale et par conséquent ne peut créer un idéal commun à ses citoyens. A ce titre, notre pays est en panne depuis l’époque coloniale mais se retrouve vraiment en urgence de mort depuis 1977. Aujourd’hui, être djiboutien suscite très peu de fierté: un enfant de Q1 ou de Q3 se reconnaît trop souvent dans la légende d’une lointaine contrée soi-disant ancestrale plutôt que de se voir naturellement dans le pays où lui et ses parents sont nés, ont grandi, ont fait leurs amis et ont élevé leur famille. Il est par conséquent légitime de se demander comment nous en sommes arrivés à cette véritable crise identitaire nationale? En fait, le constat est là, et c’est de notre responsabilité de jeter les bases d’un véritable attachement identitaire à notre pays. Sauf à se cacher la face, il est incontestable que, par ignorance, par intérêt ou par dépit, des Djiboutiens se mettent en groupes communautaristes ou ethniques, ce qui n’est pas irrécupérable mais juste un grand défi à relever. Nous vous proposons donc, chers compatriotes, de prêcher par l’exemple et de renverser la tendance. Il n’y a pas de recettes miracles, chers sœurs et frères, et pour commencer, nous allons instaurer l’enseignement de notre histoire à l’école avec le lancement de projets de recherche en histoire nationale avec l’aide de l’Université de Djibouti. Afin de créer une mémoire commune, nous allons construire un panthéon à nos grands hommes morts pour la patrie comme Mahamoud Harbi, Ahmed Dini mais aussi à nos héroïnes et héros morts. Pour encourager l’adhésion de tous les fils et filles du pays, le pluralisme culturel du pays devra se refléter dans l’hymne nationale qui sera composée dans les trois langues nationales : somali, afar et arabe. Pour rendre le peuple moins docile et lui permettre de mieux suivre les affaires du pays et mieux prendre des décisions éclairées, il faut une presse non inféodée au régime. Pour cela, nous allons rétablir un paysage audio-visuel indépendant où les investissements privés et publics, ensemble, aient un rôle à jouer et où l’Etat veille au bon ordre, aux bonnes mœurs et au respect des quotas établis. De leur côté, Les journalistes formeront un corps de métier avec une déontologie établie et respectée.

 

La séparation des pouvoirs est la clef de voûte de toute société de droit. Il nous faut par conséquent, chers concitoyens, revoir notre constitution. Pour commencer, les pouvoirs exécutif, judiciaire et législatif doivent être indépendants les uns des autres. Les compétences du législatif et de l’exécutif doivent être équilibrées. Au sein du pouvoir exécutif, il doit également y avoir un équilibre entre les prérogatives du Chef de l’Etat et celles du Premier ministre. Le Chef de l’Etat doit être responsable devant le peuple qui l’élit, son gouvernement doit être responsable devant lui mais aussi devant le Parlement. Pour ne priver le pays d’aucune catégorie de talents, le Gouvernement doit comporter des membres de la classe politique mais aussi des ministres issus de la société civile. En ce qui concerne le pouvoir législatif, pour garantir la représentation de toutes les sensibilités politiques et permettre la présence d’une opposition démocratique à l’Assemblée nationale, il faut absolument une refonte du système électoral actuel. L’introduction d’une dose significative de proportionnelle s’impose. En outre, l’opposition doit jouir d’un statut constitutionnellement garanti, avec financement transparent des partis politiques de l’opposition comme de la majorité, à partir d’un seuil minimal et au prorata de leurs scores lors des élections législatives, pour ainsi faciliter une alternance saine du pouvoir.

 

Chers compatriotes, je ne peux résumer ici tout un programme de gestion du pays mais de cette introduction et par vos expériences, vous conviendrez avec moi qu’un pays ne peut exister et prospérer que par la qualité de ses filles et fils; par leur travail et leur génie. A mon avis, trop longtemps, nous nous sommes laissés diviser en groupes et sous-groupes qui dans la pire tradition des colons sont montés les uns contres les autres pour mieux les assujettir et s’observer en chiens de faïence. Nul besoin de discours aujourd’hui pour voir, trente deux ans après l’indépendance, les dégâts qui nous ont été causés. Chers compatriotes, restez assurés que le regroupement par partis politiques, groupes associatifs et autres instruments collectifs n’est point mauvais en soi en cela que vous avez le contrôle de votre destinée, que vous adhérez quand vous voulez et que vous quittez quand vous le désirez. De plus, si la motivation première de votre adhésion est d’améliorer le quotidien de vos compatriotes, la cause est noble, respectable, et les adversaires d’hier s’appellent au téléphone les soirs des résultats d’élections pour se présenter leurs félicitations comme nous avons bien vu cela à maintes reprises ici en Amérique.

 

Nos vous invitons donc chers compatriotes à venir vous engager et à venir vous joindre aux rangs de ceux et celles de vos frères, sœurs, amis et parents qui déjà depuis de longues années se sont attelés à la tache de rétablir l’Etat de droit à Djibouti. Bien entendu, vous avez le choix des partis et instruments de lutte, toutefois je voudrais souligner que le Mouvement du Renouveau Démocratique, avec Daher Ahmed Farah, DAF, à sa tête, attire de plus en plus de Djiboutiens issus de toutes les couches et de toutes les tranches de notre société djiboutienne. Jeune, Dynamique et visionnaire, le Mouvement vous invite à rendre notre pays, à notre République, à notre Djibouti, sa place d’honneur. Il vous invite ensemble à transformer notre pays en une Nation que la région de la Corne d’Afrique envie et cite en exemple pour les autres. N’hésitez donc pas, chers compatriotes, venez le voir pour vous-même et vous en serez agréablement surpris.

 

Vive la République de Djibouti et vive la pérennité de la démocratie dans notre pays. Merci.

 

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