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TOUCHE PAS A MA CONSTITUTION !
Par
Mohamed Houssein
Bureau
du MRD, Amérique du Nord
L'actuel
chef du régime autocratique de la
République de Djibouti, monsieur Ismaël Omar
Guelleh, vient de déclarer officiellement qu’il compte briguer un
troisième mandat pour pouvoir rester au pouvoir au-delà de
2011. Cela veut dire clairement qu’il a l’intention de faire changer la Constitution qui
limitait jusqu’à présent le nombre des mandats présidentiels à deux,
c’est-à-dire un mandat renouvelable une seule fois. Cela signifie également que
monsieur Ismaël Omar Guelleh fait un pied de nez aux institutions en vigueur
dans le pays et envoie là un message clair et sans équivoque au
peuple djiboutien : «Que vous le vouliez ou non, je garderai le pouvoir
jusqu’à ce que la mort m’en sépare». C’est le fameux adage «J’y suis, j’y
reste», que l’on impose désormais au peuple djiboutien. Cette déclaration
de la part du régime en place ne surprend personne, car on savait depuis
longtemps que monsieur Guelleh n’allait pas abandonner le pouvoir à
l’instar d’un républicain. C’est le propre de tout dictateur de vouloir
s’accrocher à tout prix au pouvoir jusqu’à ce qu’un soulèvement populaire ou un
destin tragique l’en arrache. Le cas de monsieur Ismaël Omar
Guelleh est encore plus singulier à plusieurs égards. Le personnage
est certes assoiffé de pouvoir mais d’autres raisons que cela doivent
également le pousser à se confondre avec le pouvoir. Nous devons
d’abord comprendre que l’actuel chef du régime djiboutien n’est pas un
personnage innocent. Disons-le clairement, monsieur Guelleh a du sang sur les
mains. Il a beaucoup de crimes sur sa conscience. Ces crimes sont soit
commis directement par lui, soit par procuration. Beaucoup de
nos compatriotes sont régulièrement et impunément assassinés comme des
gibiers pour des raisons politiques ou autres par des mercenaires agissant
sous ses ordres. Il sait pertinemment qu’il est impliqué dans l’assassinat du
juge français Bernard Borrel, retrouvé mort en 1995 sur la Route de l’Unité. Il
est conscient qu’il a commis des crimes économiques en dilapidant
les richesses du pays pour son propre compte. Bref, l’actuel chef de
l’Etat sait bel et bien qu’il a des comptes à rendre au peuple
djiboutien et à la justice française. Loin de se soucier du destin du peuple
djiboutien ou de faire du bien pour le pays, il se cherche un «safe
haven» pour mettre sa vie à l’abri de la justice. Et garder le
pouvoir jusqu’à sa mort constitue pour lui le seul moyen pour
échapper à cette épée de Damoclès qui hante ses jours et nuits. Même si les
Djiboutiens ont le sens du pardon, ce dictateur a trop la trouille pour leur
faire confiance. Dans les pays qui ont une culture démocratique, les
institutions peuvent faire l’objet de changements lorsque des circonstances
exceptionnelles l’exigent et cela se fait dans l’intérêt suprême de la Nation. C’est
l’urgence nationale qui nécessite ce genre de modification et le peuple accorde
volontiers son consentement par voie référendaire. C’est ce qui s’est
passé en Angleterre lors de la Deuxième Guerre mondiale. Il fallait prolonger le
mandat de Winston Churchill au-delà de son terme pour donner au pays une
stabilité face à la guerre. Est-ce le cas dans notre pays ? Point du tout. Au
contraire, monsieur Ismaël Omar Guelleh nous demande de lui donner une
protection pour pouvoir continuer à ruiner le pays. Mais un régime corrompu et
qui bâillonne en permanence les libertés de son peuple ne mérite pas de
rester une seconde de plus au pouvoir. Le régime de Guelleh veut prendre les
Djiboutiens en otage en s’accrochant au pouvoir. Loin de faire cela pour
l’intérêt de la Nation,
monsieur Guelleh veut sauver sa peau si je peux m’exprimer ainsi. Il compte
faire du peuple djiboutien un bouclier humain. Et cela, les Djiboutiens et
Djiboutiennes ne sont pas prêts à l’accepter. Pour que la Constitution de notre
pays ne ressemble pas à un produit qu’on achète au marché, le peuple djiboutien
doit se mobiliser dès maintenant pour faire barrage ensemble à cette
confiscation à vie du pouvoir d’Etat par le régime en place. Déjà, trente deux ans
de mauvaise gouvernance ont mis le pays à genou. Malgré les ressources
financières engrangées par l’Etat grâce à la position hautement géographique du
pays, le peuple djiboutien n’a malheureusement pas eu droit au progrès. Il n’a
pas pu bénéficier de cette manne financière tant les pratiques de la corruption
de la part du régime en place sont légion. Seule une poignée de gens
travaillant pour le régime bénéficie de cette manne financière, la majorité
écrasante de la population vit cloîtrée dans une paupérisation voulue par
le régime. La devise de celui-ci étant la suivante : «Plus nous
maintiendrons les Djiboutiens dans la pauvreté, dans la dépendance et
dans le besoin, mieux nous les soumettrons à notre volonté». Heureusement, les
Djiboutiens sont trop fiers pour accepter ce genre d’asservissement et se
battront jusqu’au bout pour retrouver leur dignité et leur liberté. A
l’unisson, les Djiboutiens s’opposent catégoriquement à la révision de la Constitution.
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